Frogier est-il encore l’homme de la situation ?

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En privilégiant le mandat de sénateur, le président du Rassemblement avait donné un premier signe de son retrait annoncé. Absent de la liste du Front pour l’unité, il confirme sa prise de distance avec les voix du peuple… Impasse ?

Lors de la présentation de la liste de Cynthia Ligeard, à La Foa, Pierre Frogier avait débuté son discours en expliquant qu’il fallait savoir passer la main et qu’on ne pouvait avoir deux numéros un sur une liste. Ou comment tenter de légitimer à sa façon un retrait qui a déjà débuté en 2012, avec le retrait de la présidence de la Province sud après avoir fait le choix du mandat sénatorial (depuis octobre 2011) au détriment de son habituelle fonction de député occupée depuis novembre 1996.

Bien évidemment, les législatives sont passées par là – avec la victoire de Calédonie ensemble – qui ont créé quelques traumatismes dans de nombreux esprits du Rassemblement. Douleurs encore perceptibles chez un Pierre Frogier qui semble avoir de plus en plus de mal à se montrer à son avantage. Mais s’il n’est pas en lice pour les provinciales 2014, il demeure toujours aux avant-postes, si on se fie à ses propos et à ses engagements, pour préparer l’avenir.

Une situation qui semble lui échapper

Toutefois, quelle peut bien être sa crédibilité alors qu’il refuse le suffrage universel au prétexte du renouvellement des générations, qu’il encaisse de sacrés désaveux du côté de l’Etat et qu’il peine à convaincre du bien-fondé de son troisième accord aux contours toujours aussi flous… Le président du Rassemblement est-il encore vraiment assez déterminé et courageux pour être l’homme d’une situation qui semble lui échapper de plus en plus ? Rien n’est moins sûr…

En outre, certains de ses proches n’hésitent pas à confier qu’ils l’ont rarement vu dans un tel état : « Pas bien du tout ». Pourtant, bien davantage qu’un signataire agonisant, la Nouvelle-Calédonie a plutôt besoin d’un conquérant énergique et audacieux. Tout ce que n’est plus le sénateur calédonien qui, il y a maintenant trois ans, nous expliquait qu’il avait choisi de siéger au palais du Luxembourg parce que c’est là-bas que se déciderait l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Si cet avenir est à l’image de l’homme qui veut l’incarner, il y a tout lieu de craindre qu’il ne sera pas brillant du tout



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