Comment gagner vite de l’argent qui ne nous appartient pas ? Un système bien rodé.

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Comme expliqué dans le premier épisode de la série du seigneur des anneaux version lokale, il semble important que le public puisse avoir un peu plus de détail sur le système élaboré qui rappelle ceux malheureusement trop souvent mis en œuvre dans les pays en développement.

En feuilletant la presse internationale, nous découvrons un nouveau mot qui désigne assez bien ce que nous vivons en Nouvelle-Calédonie depuis quelques années : la cleptocratie. D’après wikibéral, Il s’agit du principal procédé qui permet l’enrichissement par le biais du capitalisme de connivence qui favorise notamment les grandes entreprises via un protectionnisme et une réglementation favorisant certains acteurs économiques avec le déploiement d’une illusion fiscale.

Dans la presse internationale, il existe des centaines de documents qui expliquent les différents visages de la corruption, les procédés et les méthodes pour en sortir. La banque mondiale et le FMI ont d’ailleurs décidé de s’attaquer à ces maux qui empêchent l’émergence et le développement économique des pays qui en souffrent.

Un article intitulé « Corruption et Développement » paru dans « Finances & Développement » – mars 1998, et rédigé par CHERYL W. GRAY et DANIEL KAUFMANN nous donne une bonne lecture des mécanismes qui tendent malheureusement à se développer en Nouvelle-Calédonie.

Dans son paragraphe I, les auteurs donnent une définition de la corruption : « la corruption consiste à utiliser une charge publique pour son profit personnel. Cela comprend les pots de vins et l’extorsion qui font nécessairement intervenir au moins deux parties, ainsi que d’autres types d’abus qu’un fonctionnaire peut commettre par lui-même, notamment la fraude et les malversations.»

Les auteurs nous expliquent aussi que : les particuliers peuvent « acheter » à un politicien ou à un fonctionnaire des marchés publics, des avantages accordés par l’Etat, des recettes publiques qui peuvent servir à réduire le montant des impôts (…),  ou encore l’altération des résultats du processus juridique et réglementaire avec par exemple les pouvoirs publics qui ne répriment pas des activités illégales ou qui favorise indûment une partie au détriment de l’autre (…). Bizarre, ça nous fait penser aux règles environnementales très strictes imposées à Valé NC par la province Sud en matières de rejets des effluents de l’usine, des fuites d’acides et de la catastrophe environnement sur les creeks alentours, et en province Nord, à l’absence de dégradation environnementale lors  de la destruction des récifs à l’explosif et à grands coups de pelles hydrauliques pour creuser le chenal qui permet aux minéraliers d’accoster au port de Vavouto… Pour certains, l’environnement a peut être une valeur aléatoire en fonction des intérêts particuliers…

Bizarre comme coïncidence, nous avons l’impression d’y retrouver l’annulation en 2015, de la dette fiscale de 2,8 milliards de Francs FCP en faveur de la SMSP,  le vote de la loi de pays sur la compétitivité qui impose l’encadrement et le contrôle des marges des entreprises, les « stop » à l’importation, les dernières mesures fiscales en faveur des grandes entreprises minières notamment du Sud et du Nord…

Les auteurs nous expliquent aussi que le degré de corruption est variable, qu’il peut être rare à systémique. Lorsque le stade systémique est atteint, les institutions, les règles et les normes de comportement se sont déjà adaptées à un mode de fonctionnement corrompu, où les fonctionnaires et les autres agents suivent souvent les exemples prédateurs, ou même les instructions de la classe politique qu’ils servent.

Pour mettre un système de ce type en place, il faut plusieurs ingrédients composés de responsables politiques, de responsables d’entreprises, de banquiers, d’une magistrate et de fonctionnaires le tout bercé dans ce que l’on appelle communément la corruption.

Certains diront qu’il n’y a rien de nouveau dans ce constat et que ce système perdure plus ou moins depuis le début de la colonisation de la Nouvelle-Calédonie avec notre économie de comptoir. Sauf que par le passé les affairistes ont peut être construits et profité d’un système pour s’enrichir mais ils ont également et surtout créé un grands nombres d’entreprises calédoniennes qui ont embauchés et nourris beaucoup de familles calédoniennes.

Nous assistons depuis quelques années à un changement ou les profits sont uniquement directement captés pour se protéger et se constituer des fortunes personnelles bien entendu offshore. Est ce que la crise économique sans précédent que traverse la Nouvelle-Calédonie ne serait pas accentuée par ces pratiques ? Demandez aux PME calédoniennes notamment du BTP ainsi qu’aux patentés ce qu’ils pensent de la part qu’ils arrivent à prendre sur les grands projets, juste histoire de pouvoir boucler leurs fins de mois et nourrir leurs familles. Demandez leurs comment les grandes entreprises et les grands groupes décrochent les contrats les plus « juteux » ? Demandez leur qui sont ces fonctionnaires, dans certaines administrations de la Nouvelle-Calédonie, qui ont été placés par ces mêmes grandes multinationales françaises ? A qui profite le système, certainement pas aux contribuables que nous sommes…

Pas vu, pas pris…

Nous avons malheureusement en Nouvelle-Calédonie tous les ingrédients pour conduire à la mise en place d’une corruption systémique. Nous avons depuis quelques années transférés de nombreuses compétences aux décideurs locaux qui, pour certains, ont prouvé par leur immaturité politique et leur soif du pouvoir et de l’argent, argent qu’il était facile de capter pour son enrichissement personnel. Certains veulent que tout soit transféré, d’autres n’en veulent plus.

L’hydre de la corruption s’est belle et bien développée en Nouvelle-Calédonie, sa destruction passera par les urnes.

A bon entendeur…



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